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Les frustrations des concessionnaires automobiles du Grand Montréal

François Legault a annoncé cette semaine que les commerces de la région métropolitaine ne pourront ouvrir que le 25 mai. Une situation qui touche durement les concessionnaires automobiles...  

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Plus de place à la concession...  

Pour les concessionnaires automobiles regroupés dans les 82 municipalités du Grand Montréal, c’est maintenant la rage qui prend le dessus sur le vent de panique qui règne sur l’industrie. En effet, le Gouvernement Legault annonçait lundi dernier le report d’ouverture des concessions au chapitre des ventes automobiles, menant ainsi à la date du 25 mai. Un scénario catastrophe pour plusieurs marchands, pour qui il n’est tout simplement plus possible de faire des concessions. Conséquemment, quelques concessionnaires en très grande difficulté financière ont déjà annoncé leur fermeture définitive. De ceux-là, quelques-uns vivaient depuis déjà plus d’un an avec une baisse drastique d’achalandage en concession, en raison de la construction municipale qui entourait leur établissement. Et malheureusement, tout laisse croire que d’autres suivront.  

Évidemment, la Corporation des Concessionnaires Automobiles du Québec crie elle aussi à l’injustice, dans la mesure où il est selon elle beaucoup plus facile de gérer l’achalandage d’une clientèle dans un concessionnaire plutôt que dans un Wal-Mart ou un Canadian Tire. La CCAQ mentionne également que les concessions automobiles sont essentiellement les seuls commerces où on trace une ligne entre les départements, autorisant la clientèle à se déplacer pour le service, mais non pas pour les ventes.  

Ainsi, de plus en plus de cas problèmes s’accumulent en ce moment, puisque bon nombre d’automobilistes sont actuellement en situation de renouvellement de location ou de fin de bail. Bien sûr, il a été possible pour certains de prolonger momentanément la période de location, mais la CCAQ rappelle que ces véhicules n’appartiennent pas au concessionnaire, mais plutôt aux institutions financières. Il est donc nécessaire que les gens puissent effectuer des transactions.  

Bien sûr, il est possible depuis le 4 mai de se procurer un véhicule ou d’effectuer une transaction chez un concessionnaire se trouvant à l’extérieur du périmètre établi comme étant le Grand Montréal. Ces derniers sont évidemment soulagés et prouvent par leur pratique qu’il est possible de respecter chacune des règles de distanciation comme on le fait chez les autres commerces. Or, ceux-ci tirent aussi avantage du fait qu’ils peuvent effectuer des transactions en bonne et due forme alors que les concessionnaires du Grand Montréal se retrouvent pieds et mains liées. On a donc pu apercevoir des publicités de certains marchands opportunistes qui incitaient les Montréalais à se déplacer en région pour faire de bonnes affaires. Une pratique qu’on pourrait qualifier de concurrence déloyale.  

Maintenant, il est évident que les acheteurs qui doivent se procurer un nouveau véhicule n’auront aucun problème à rouler de 30 à 90 minutes pour se déplacer chez un marchand qui peut effectuer une transaction de façon traditionnelle. À cela, le gouvernement laisse entendre à la CCAQ que le public du Grand Montréal est compréhensif et qu’il s’armera de patience, mais les concessionnaires ont un tout autre son de cloche.   

Comprenez que le mois de mai est normalement l’un des plus profitables pour les concessionnaires automobiles et que les marchands du Grand Montréal perdent chaque jour des ventes qui seront faites à l’extérieur. Un concessionnaire de Drummondville me confiait d’ailleurs avoir vu son achalandage grimper en flèche pour la simple raison qu’une partie de sa nouvelle clientèle était selon lui jugée hors territoire.   

Alors oui, les concessionnaires du Grand Montréal souffrent actuellement deux fois plus qu’ils ne le devraient. D’une part, parce qu’ils demeurent fermés, mais aussi parce qu’une partie des ventes qui auraient pu être réalisées à compter du 25 mai (date anticipée de la réouverture) n’aura pas lieu, les clients ayant choisi de faire affaire avec une concession extérieure.  

 

Transaction en ligne   

Les concessionnaires qui avaient déjà emboîté le pas vers la transaction en ligne et qui s’étaient équipés en conséquence s’en sortent heureusement un peu mieux. Bien sûr, les chiffres de ventes n’ont rien de comparables avec ceux qui devraient normalement être réalisés, mais grâce à la technologie, on parvient à conclure des transactions à distance. Présentation virtuelle, discussion par vidéoconférence et livraison à domicile font partie des services offerts par certaines concessions, qui doivent cependant enfreindre techniquement la loi. Pourquoi cela? Parce qu’un contrat de vente à tempérament normalement utilisé pour la vente d’un véhicule neuf ou d’occasion implique selon la loi une signature physique à l’adresse du commerçant. Or, selon le cas, il arrive que le contrat soit dans ce cas signé au domicile de l’acheteur ou de façon électronique.  

À ce sujet, l’OPC consent agir avec jugement et discernement en tolérant ce genre de transaction. Et cela vient évidemment ouvrir la porte à une révision nécessaire de la loi, puisque les technologies d’aujourd’hui permettent bien sûr d’effectuer des transactions de différentes manières. Il faut d’ailleurs rappeler à ce sujet que la loi d’un contrat de vente à tempérament n’a pas été revue depuis le milieu des années 70.  

Alors, besoin de changer de voiture? Je me permets ainsi une petite recommandation. Avant de vous déplacer hors secteur, contactez d’abord votre concessionnaire local pour voir avec lui quelles sont les possibilités. Ce dernier appréciera grandement votre support et fera sans doute des pieds et des mains pour vous satisfaire. Après quoi, vous serez à même de prendre votre décision. En espérant bien sûr que le 25 mai prochain, les concessionnaires du Grand Montréal soient soulagés à leur tour et que cette injustice soit chose du passé.

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