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PSYCHO: Souffrez-vous du syndrome de l'imposteur?

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PSYCHO - On sait maintenant que 70 % (tiré d’une étude du Journal of Behavioral Science) d’entre nous souffrent du syndrome de l’imposteur à un moment dans leur vie. On sait aussi que la rentrée peut, pour les étudiants, être synonyme de stress, de pression de réussite et augmenter la sensation du syndrome de l’imposteur.  Un beau cocktail d’effets qui peuvent entamer l’estime de soi MAIS ... on peut faire quelque chose pour y remédier 

Geneviève Guérard nous explique ce qu'est le syndrome de l'imposteur et pourquoi il touche tant de personnes!

Souffrez-vous du syndrome de l'imposteur?

Le syndrome de l’imposteur, (aussi appelé syndrome de l’autodidacte) a été identifié pour la première fois en 1978 par les psychologues Pauline Rose Clance et Suzanne Imes.

Selon Dr.Sandi Mann, professeure et conférencière en psychologie au Royaume-Uni, qui vient de publier Le syndrome de l’imposteur / comment s’en libérer pour mieux s’affirmer, souffrir du syndrome de l’imposteur s'explique ainsi: c’est croire qu’on fait semblant d’être quelqu’un qu’on n’est pas, ou qu’on n’est pas aussi bon que les autres ne le croient.  

Voici quelques comportements caractéristiques du syndrome de l'imposteur:

  • Attribuer son succès à des causes externes et temporaires (comme la chance) et non à des causes internes et durables (comme le talent). 
  • Avoir l'impression de ne pas être à la hauteur 
  • Manquer de confiance en soi.  

Le syndrome de l'imposteur chez l'enfant

Deux chercheurs ont conclu que deux dynamiques familiales précises sont propices à créer le syndrome de l’imposteur:

  1. Avoir un frère ou une sœur brillant(e). Le sentiment d’imposture apparaît quand on a un frère ou une sœur considéré(e) comme ultraperformant(e) (surtout intellectuellement) et qu’on nous a peut-être collé l’étiquette «sensible» ou «sympathique». 
  2. Être qualifié tôt comme un «enfant prodige». Les problèmes arrivent quand on commence à échouer ou, au moins, qu’on réalise qu’on n’est pas aussi parfaits que notre famille semble le croire. 

Comment fait-on pour aider nos enfants à ne pas développer le syndrome de l’imposteur?  

Voici quelques conseils dr. Sandi Mann:

  • Ne pas trop aider vos enfants et ne pas trop faire de choses pour eux. Cela leur apprendra à avoir confiance en eux et à être capables de se débrouiller seuls. «Si un de ses parents court toujours à sa rescousse ou l’aide systématiquement, l’enfant leur attribuera ses succès sans penser qu’ils sont le fruit de ses efforts à lui. Puis, une fois adulte, il continuera d’associer ses succès aux autres car il sera persuadé qu’ils y ont plus contribué que lui» dit-elle.
  • Ne pas critiquer les enfants ils se trompent. L’école – et le système éducatif en général – met trop l’accent sur la réussite et pas assez sur l’«échec», selon elle. «Apprenez à votre enfant qu’il est aussi important d’échouer, que cela apprend la résilience.» 
  • Essayer de se comporter de la même façon avec les garçons et les filles 

Le syndrome de l'imposteur chez l'adolescent

Pour un jeune, d’un côté il y a l’école où les examens se succèdent et la pression de performer sous évaluations est constante et de l’autre, il y a aussi les réseaux sociaux. dr. Sandi Mann précise que, si les adultes trouvent des moyens d’améliorer leur estime de soi dans le monde réel qui est un peu plus protecteur que le numérique, les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas ce luxe. 

«Beaucoup mesurent leur valeur au nombre de «J’aime» et d’abonnés sur leur compte, tout en sachant qu’ils doivent en plus naviguer dans un océan de commentaires et gérer parfois des remarques dangereusement négatives provenant de plateformes anonymes, un phénomène qui explique l’augmentation du nombre de comportements nocifs et même de suicides.» 

Geneviève suggère le site pauseecran.com, développé en collaboration avec le gouvernement du Québec qui offre pleins de conseils pour guider les parents et aider les jeunes à contrôler leur usage. 

Le syndrome de l'imposteur: plus présent chez les femmes?

Même si 70 % des gens en souffriront un jour ou l’autre, les femmes en sont atteintes plus que les hommes. 

Louise Cossette, professeure au Département de psychologie à l’Université du Québec, observe que les femmes sont nombreuses à porter seules la responsabilité de ce sentiment d’inadéquation dans leur travail. Elle ajoute que ce doute tient des racines sociales et ne relève pas du caractère individuel. 

Des stéréotypes persistants au travail. 

Comment s'en sortir?Source : Ithaque Coaching 

1. ACCEPTEZ VOTRE PERFECTIONNISME.  

Arrêtez de lutter contre votre perfectionnisme. Observez-le et, au fur et à mesure que vous vous façonnez une meilleure estime de vous, voyez votre perfectionnisme s’allèger. 

2. OUBLIEZ LES REGARDS 

Ne vous souciez pas du regard des autres. Les personnes qui ne s'attribuent que dans le regard de l’autre ont tendance à croire que les autres en question passent un temps considérable à les observer, à les évaluer, alors que c’est dans leur propre regard que se situe la moulinette à jugements : ce ne sont pas les autres qui nous sous-évaluent, c’est nous-mêmes.  

3. ÉCOUTEZ LES AUTRES 

Ne dévalorisez pas les décisions de ceux qui vous ont choisi. Écoutons les collègues, les patrons, qui nous ont accordé ces promotions ou confié ces dossiers complexes, ils ont plus confiance en nous que nous-mêmes! S'appuyer sur l’image qu’ils ont de nous peut aider à porter un regard plus bienveillant sur nous-mêmes. 

4. RECONNAISSEZ VOS ACCOMPLISSEMENTS 

Dès lors que vous avez fait quelque chose, y compris un truc en apparence petit, (comme une conversation sympa ou un prise de parole en réunion) qui a généré chez nous un sentiment positif, reconnaissez-le comme un accomplissement et soyez fièr(e) de vous! La valorisation se trouve aussi dans les petites choses du quotidien.

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